Éleveur certifié

Permis & encadrement

Municipalité · MAPAQ · ANIMA-Québec

Quand vous cherchez un chaton, vous croisez des sigles : TICA, CFA, CCA, MAPAQ, ANIMA-Québec. Ils sont présentés côte à côte, comme s'ils voulaient tous dire la même chose. Ce n'est pas le cas. Certains encadrent un lieu, d'autres enregistrent un chat. Et parmi tous ces sigles, deux seulement supposent que quelqu'un s'est déplacé pour venir voir comment les animaux vivent.

Voici comment ça fonctionne au Québec, et ce que vous pouvez vérifier vous-même.

Trois niveaux d'encadrement

Municipal

Le droit d'exercer ici

La Ville autorise — ou non — l'activité à cette adresse précise.

Provincial

Le permis du MAPAQ

L'obligation légale, avec des inspections qui peuvent survenir sans préavis.

Volontaire

La certification ANIMA-Québec

Personne n'y est obligé. C'est précisément ce qui la rend intéressante.

La municipalité

Une municipalité détermine les usages permis sur son territoire, et l'élevage animalier n'y figure pas partout. C'est le premier niveau d'encadrement, et le moins connu.

Notre activité d'élevage est autorisée par la Ville de Saint-Sauveur, par une résolution adoptée spécifiquement pour notre propriété, au terme d'un processus encadré de plusieurs mois.

Peu d'élevages félins entreprennent cette démarche. Elle inscrit notre activité dans un cadre officiel, connu et approuvé par sa municipalité.

Le permis du MAPAQ

C'est le niveau légal. Au Québec, toute personne qui garde quinze chats ou chiens ou plus doit détenir un permis du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Les petits de moins de six mois gardés avec leur mère ne comptent pas dans ce total.

Le permis est valide douze mois et se renouvelle. Il s'accompagne d'inspections, qui peuvent survenir sans préavis.

  • Sous le seuil de quinze animaux, un élevage n'a aucun permis à détenir — l'absence de permis ne veut donc pas dire grand-chose à elle seule.
  • Ce permis encadre les conditions physiques de garde. C'est essentiel, mais ça ne dit rien de la socialisation, du suivi vétérinaire ou de la façon dont les chatons sont placés.

Notre permis est actif, et nos inspections sont à jour.

La certification ANIMA-Québec

Rien n'oblige un éleveur à aller plus loin. La certification d'ANIMA-Québec est entièrement volontaire, et c'est précisément ce qui la rend intéressante : personne ne la passe par obligation.

Elle évalue notamment le logement, la santé physique, la santé mentale et le bien-être, l'identification permanente des animaux, la gestion de la reproduction, les protocoles d'urgence, les conditions de vente et la formation continue de l'éleveur — et l'évaluation ne s'arrête pas là.

Au moment d'écrire ces lignes, une quinzaine d'élevages félins figurent au répertoire public des établissements certifiés du Québec.
Mon Chat Mouton en fait fièrement partie.

Ce qu'un audit ANIMA-Québec vérifie

Le guide d'évaluation remis aux établissements certifiés est confidentiel, et nous n'en publierons pas le contenu. Ce que nous pouvons dire, c'est ce qui s'est passé chez nous.

L'audit est exigeant. Il est mené par des experts du domaine animalier, qui évaluent l'élevage dans son ensemble.

  • L'état de chaque animal est examiné.
  • La salubrité des lieux est vérifiée.
  • Les protocoles sont passés en revue un par un : entretien, désinfection, quarantaine des nouveaux arrivants, mesures d'urgence en cas d'incendie.
  • Les documents de la chatterie sont validés : le carnet de santé de chaque animal, le suivi vétérinaire, les tests exigés selon la race — qui doivent être à jour en tout temps — ainsi que la référence de la clinique vétérinaire qui assure le suivi de l'élevage.

Et le détail va plus loin qu'on ne l'imagine : la superficie par chat, l'intensité de l'éclairage, le niveau d'ammoniac dans l'air. Ce ne sont là que des exemples — les critères couvrent beaucoup plus de terrain que ce que nous pouvons en dire ici. Des choses qu'un acheteur ne pensera jamais à demander, et qu'un élevage sérieux mesure quand même.

Avons-nous eu des ajustements à faire ?

Oui. Il est à peu près impossible de passer un audit de cette portée sans en avoir. Dans notre cas, les correctifs demandés sont demeurés mineurs et faciles à mettre en place — mais nous préférons le dire, parce qu'un élevage qui prétendrait être ressorti parfait du premier coup mériterait qu'on se pose des questions.

Et la certification n'est pas un acquis qu'on décroche une fois : elle s'accompagne d'un suivi rigoureux auprès des établissements certifiés.

Notre certification est active, et nos audits sont à jour.

Et les associations félines, alors ?

C'est ici que la confusion est la plus grande, et elle est compréhensible.

TICA, la CFA et la CCA-AFC sont des registres. Elles enregistrent des chats et des pedigrees, définissent les standards de race et organisent des expositions.

  • TICA — The International Cat Association, registre félin international.
  • CFA — Cat Fanciers' Association, registre félin fondé aux États-Unis.
  • CCA-AFC — Canadian Cat Association / Association féline canadienne, le registre canadien des chats de race depuis 1960.

Ce sont des organismes sérieux et leur rôle est important : sans eux, un pedigree ne voudrait rien dire. Notre chatterie y est enregistrée.

Mais il faut être clair sur ce que ça signifie : un registre enregistre des chats, pas des lieux. Être enregistré auprès de TICA, de la CFA ou de la CCA ne veut pas dire que quelqu'un est déjà venu voir la chatterie. Ce n'est ni un défaut ni un reproche — ce n'est simplement pas leur mandat.

Un mot sur les pedigrees étrangers, puisque la question revient souvent. Un éleveur choisit le registre auprès duquel il inscrit ses chats : le plus souvent, il s'adresse à une association qui dessert son secteur, sans que ce soit une obligation — plusieurs registres ont une portée internationale.

C'est pourquoi plusieurs de nos reproducteurs, arrivés d'Europe, portent des documents de la WCF — World Cat Federation —, une fédération surtout européenne. C'est normal, et ces lignées sont ensuite enregistrées ici.

En un coup d'œil

La municipalité autorise un lieu. Le MAPAQ encadre les conditions de garde et inspecte sans préavis. ANIMA-Québec audite l'ensemble de la pratique, volontairement. Les registres félins enregistrent les chats et leurs origines.

Quatre choses différentes. Nous avons les quatre.

Comment vérifier un éleveur vous-même

Vous n'avez pas à nous croire sur parole, et vous ne devriez croire personne sur parole.

  1. Consultez le répertoire public d'ANIMA-Québec. Vous y verrez les établissements certifiés qui ont accepté d'y figurer, et cette liste ne dépend pas de ce qu'un éleveur affiche sur son propre site. Une précision : un éleveur certifié peut choisir de ne pas apparaître au répertoire. Une absence n'est donc pas une réponse. Si l'élevage qui vous intéresse ne s'y trouve pas, écrivez à ANIMA-Québec avec son nom et ses coordonnées — c'est à eux de vous répondre.
  2. Demandez le numéro de permis du MAPAQ si l'élevage compte quinze animaux ou plus. Un éleveur en règle vous le donne sans hésiter.
  3. Demandez à voir le pedigree d'un reproducteur, et auprès de quel registre votre chaton sera enregistré. C'est généralement possible. Un éleveur peut toutefois y apposer une mention d'annulation avant de vous le transmettre : ce sont des documents privés qui lui appartiennent, et cette précaution le protège contre tout usage frauduleux. C'est aussi, précisément, ce à quoi sert une certification vérifiée par un tiers — elle vous évite d'avoir à exiger des documents privés pour être rassuré.
  4. Demandez les résultats de tests des deux parents, pas seulement une affirmation générale de bonne santé. Selon la race, ces tests ne sont pas les mêmes — un éleveur sérieux sait exactement lesquels s'appliquent chez lui, et pourquoi.
  5. Demandez à voir où vivent les chatons. Une visite en personne est souvent refusée, et pour une raison légitime : les risques de contamination sont réels dans une maternité. La vidéo, elle, n'en pose aucun — certaines chatteries offrent aux personnes inscrites un accès en direct et en continu à leur section maternité. C'est ce que nous faisons ici.
  6. Lisez le contrat avant de verser quoi que ce soit. Chez nous, une copie du contrat d'adoption final, marquée nulle et non avenue, accompagne le formulaire de réservation prioritaire : vous savez exactement ce que vous signerez avant même de faire un dépôt pour vous inscrire sur la liste.

Les informations sur le permis provincial proviennent de Québec.ca, celles sur la certification proviennent d'ANIMA-Québec.
Nous vous invitons à consulter directement leurs sites — c'est la meilleure façon de vérifier ce que vous venez de lire.

English

Certified cattery: what it actually means — municipal authorization, provincial permit, voluntary ANIMA-Québec certification, and what feline registries do and do not verify.